08 novembre 2009Du cannibalisme à Hautefaye: Jean Teulé persiste et signe (vidéo)
Pour clore le chapitre "Hautefaye" (voir mes articles ici et ici), une petite interview vidéo que j'ai réalisée à la foire du livre de Brive (Corrèze) pour le journal La Montagne, le 7 novembre dernier. Jean Teulé revient sur le fait divers historique qui lui a inspiré son livre "Mangez-le si vous voulez".
J'ai pu discuter avec lui des doutes de certaines personnalités, comme Georges Marbec, sur la véracité du cannibalisme à Hautefaye, en 1870. ll m'a confirmé sa version et sous-entendu que si Marbec démentait, c'était pour ne pas se fâcher avec ses voisins périgourdins (Marbec est de Nontron, à quelques petits kilomètres de Hautefaye).
A noter que son livre a des chances d'être adapté au cinéma...Un film "gorissime" en perspective.
La vidéo:
Jean Teulé raconte Hautefaye "village de cannibales" -
Video de la-montagne


07 novembre 2009Hautefaye: le village cannibalisé (2/2)
Du cannibalisme à Hautefaye ? « Je n’y crois pas une seconde » assène Francis Donnary, maire du village depuis 1977. C’est à l’adolescence qu’il a pris connaissance de la tragique destinée d’Alain de Moneys. Mais il n’a jamais donné de crédit aux tartines de graisse nourrissant une population affamée. Il n’est pas le seul d’ailleurs. Même Alain Corbin remettait finalement en cause les faits de cannibalisme dans une interview au Monde le 2 juillet dernier: « Le mot cannibalisme était parfois utilisé, à l'époque, dans un sens plus large que l'ingestion, stricto sensu, de chair humaine. Que l'on ait recueilli sa graisse, c'est possible. Qu'on l'ait dévoré, c'est moins sûr. ».
Il n’empêche, le village ne s’est jamais vraiment remis de la tragédie. Gambetta avait menacé de le frapper d’infamie. Il l’a presque été. Aujourd’hui, il ne compte plus que 113 habitants. La dernière école a fermé en 1980, la dernière entreprise – une maçonnerie tenue par le maire lui-même et le dernier commerce – un bar tabac géré par sa femme – en 2002. Ne reste qu’une piste ULM à côté du bourg.
En 1970, une « messe du pardon » a réuni, cent ans après, les descendants de la victime et des coupables à Hautefaye. Dès son élection, Francis Donnary avait proposé l’érection d’une stèle en hommage au supplicié : « mais j’ai bien senti que ça ne déclenchait pas d’adhésion » regrette-t-il.
Malgré tout, depuis une dizaine d’années, la population s’est stabilisée et diversifiée – surtout grâce aux britanniques qui viennent acheter en Dordogne comme dans la Corrèze voisine. Et « l’an dernier, on a eu cinq naissances » se réjouit Francis Donnary.
Le fantôme d’Alain de Moneys revient pourtant sans cesse : dans l’œil des touristes, curieux et craintifs, qui font le déplacement. Et dans les médias, donc, à travers le livre passionnant de Teulé. Un peu cruel, l’écrivain en a d’ailleurs un peu rajouté en affirmant sur les plateaux de télé que si les habitants du village le rencontraient, ils le « mangeraient peut-être aussi ». « Il dit qu’il est venu enquêter ici mais je ne l’ai jamais vu » affirme Francis Donnary.
Teulé n’y serait sans doute pas brûlé vif mais glacé par la rancœur des habitants. Au 14 juillet dernier, la femme du maire a découvert un kleenex abandonné sur un banc de l’église. Dessus, il était écrit : « Une pensée pour De Moneys massacré le 16 août 1870 et dévoré par vos grands parents ».
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05 novembre 2009Hautefaye: le village cannibalisé (1/2)
Du cannibalisme en veux-tu, en voilà...Du cinéma à la littérature, le mythe perdure. Tandis que Jean Teulé présentera son livre "Mangez-le si vous voulez" à la foire du livre de Brive ce week-end, je vous propose une petite enquête sur Hautefaye, ce village en Dordogne que l'on a dit "cannibale".
Il y a des routes départementales sinueuses à parcourir avant de l’atteindre mais le village de Hautefaye n’est pas si perdu, à moins d’une heure de Limoges et une demie heure d’Angoulême. Et pas si triste, avec ses bâtisses orangées, son église romane et ses prés verts. On ne dirait pas qu’un homme s’y est fait massacrer par des centaines de personnes, crever les yeux, ferrer comme un cheval, brûler vif et peut-être même… manger.
C’était il y a 139 ans, au cœur d’un été de canicule et de sécheresse. A l’époque, la France compte ses morts, dans la guerre contre la Prusse. Les habitants du village, acquis comme un seul homme à Napoléon III, envoient leur foin et leur fils au front sans les voir revenir.
Dans ce triste contexte, Hautefaye accueille sa foire traditionnelle où s’amassent six cent personnes. Ce jour-là, un jeune noble du village voisin, Alain de Moneys, vient quérir une génisse pour sa voisine et un carreleur pour son voisin, sans le sou. Ce n’est pas Amélie Poulain mais presque. Dans les venelles périgourdines, on le salue, on lui sourit.
Le problème, c’est que quelques minutes plus tôt, son cousin a déclenché la colère paysanne en annonçant une raclée pour la France. Et comme il est parti sans demander son reste, c’est De Moneys qui va prendre. Très chèrement. On l’accuse, lui aussi, d’être à la solde des prussiens, d’être un Républicain. Une fois les premiers coups de poings partis, des centaines de personnes – souvent alcoolisées - vont s’en donner à cœur joie, y compris des amis du jeune noble. Accusés plus tard au tribunal – où quatre personnes seront condamnées à mort - ils se défendront mollement : « On m’avait dit que c’était un espion prussien, je ne l’avais pas reconnu, je n’ai vu qu’une boule de sang à la place de sa tête. ».
Ce calvaire insensé, l’écrivain Jean Teulé le raconte dans son roman « Mangez-le si vous voulez », sorti au printemps dernier et couronné d’un double succès critique et public.
L’auteur du « Montespan » adopte une thèse déjà abordée dans quelques livres, dont celui de l’historien Alain Corbin « Le village des cannibales » (1990). Selon eux, des mères de famille auraient ramassé la graisse sur les coudes d’Alain de Moneys, finalement brûlé dans un champ de Hautefaye, pour beurrer les tartines de leurs enfants. Ce qui en aurait fait l’un des rares cas de cannibalisme connus en France.
La suite de l'article à lire: samedi.
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02 novembre 2009Les Beatles: Paul McCartney est-il mort en 1966 ?
Un collectionneur américain a eu la chance de tomber sur une version rarissime de la pochette d’un album des Beatles : « Sergent pepper ». On y voit le personnel de la maison de disque à la place des musiciens anglais : il n’en existe que deux exemplaires au monde.
La vraie pochette, la plus courante, demeure cependant encore plus intéressante. Selon les amateurs de théorie du complot, elle renfermerait en effet les preuves irréfutables d’un secret de l’histoire du rock : Paul McCartney est mort en 1966 et c’est un sosie qui a pris sa place depuis !
La rumeur naît en 1969, à la sortie de l’album « Abbey Road ». C’est un disc-jockey américain, Russ Gibb, qui parvient à la conclusion effrayante que le bassiste du groupe n’est plus de ce monde. Il serait mort dans un accident de voiture, trois ans plus tôt, mais la maison de disque et les Beatles restants l’auraient caché au public pour des raisons bassement commerciales.
Qu’a-t-elle de si troublant, cette pochette d’ « Abbey Road » ? Beaucoup de choses : McCartney est le seul à marcher pieds nus – et on sait que les morts sont enterrés panards sans chaussette en Inde. Pays où c’est le blanc qui symbolise la mort – et c’est justement cette couleur qu’a revêtue John Lennon. Tandis que Ringo Starr est habillé de noir – le deuil occidental. Autrement dit, McCartney est précédé par deux croque-morts. Ce n’est pas tout : la voiture blanche, garée à gauche, arbore une plaque d’immatriculation qui en dit long : « LMW 28 IF »…Ce que certains ont traduit par : « Living McCartney Would be 28 IF » (McCartney aurait eu 28 ans si…). Tiens, donc. Et enfin, le bassiste tient sa cigarette de la main droite…alors qu’il est gaucher ! C’est donc un vulgaire imposteur que nous avons sous les yeux !
Pas convaincus ? Passons donc à cette fameuse pochette de « Sergent Pepper », sortie deux ans plus tôt (soit un an avant la supposée mort de McCartney). Les musiciens y portent la moustache…Ben voyons ! Pour mieux déguiser le sosie de Paul ! D’ailleurs, la disposition des personnages au-dessus d’un parterre fleuri peut évoquer un enterrement…Celui de qui ? C’est indiqué par l’inscription « Lonely hearts » sur la grosse caisse. Si vous placez cette pochette face à un miroir, ces mots deviennent alors : « 1 ONE 1 X HE () DIE ». A traduire par : un un un (ça fait trois, pour trois beatles) et « IL » meurt. Qui ? Le quatrième désigné par le symbole () qui forme une flèche pointant…Paulo. Et en plus, si vous zieutez l'autre face de la pochette, vous verrez les quatre membres côte à côté - un seul pose de dos : le mort !
Toujours pas convaincus ? D’autres indices existeraient dans les paroles de leurs chansons. Par exemple dans « Strawberry fields forever » (1967). A la fin, n’entend-on pas John Lennon marmonner « I burried Paul » (j’ai enterré Paul) ? Une autre composition irait dans le même sens : « I’m so tired » (1968). Si on écoute la chanson à l’envers, on percevrait « Paul is a dead man, miss him, miss him, miss him ».
Alors ? Bon, ok... C’est du flanc. La plaque d’immatriculation « « LMW 28 IF » ? Tu parles, au moment de la photo, McCartney avait 27 ans, pas 28. Les paroles « I burried Paul » ? Non, non, Lennon affirmera plus tard qu’il disait plutôt : « cranberry sauce ». Les mots à l’envers « Paul is a dead man, miss him » ? Et non. Le biographe Mark Lewisohn démentira en “traduisant” plutôt: “How about another one, monsieur ? ». Tsss. Mais McCartney a bien eu un accident en 1966. En cyclomoteur. Qui lui cassera une dent et lui fendra la lèvre, ce qui lui causera une opération un peu ratée pour réparer ça. Tellement ratée qu’il se laissera pousser la moustache pour la dissimuler le temps de la cicatrisation…Ah, c’était pour ça, la moustache…
Source: Fluctuat.net


30 octobre 2009Alphonse Courson, le vagabond visionnaire
Les prémonitions, les visions font partie des thèmes récurrents du fantastique. Hier, le film Destination finale sur TF1 mettait en scène un groupe d’amis qui savent qu’ils vont mourir…mais pas comment. Demain, dans sa désormais traditionnelle Soirée de l’étrange, TF1 évoquera le cas d’Adrienne Bolland, première femme à avoir traversé la Cordillère des Andes en avion. La veille de son exploit, une mystérieuse femme lui aurait indiqué le bon parcours pour lui éviter la mort…
Si je vous parle de tous ces cas énigmatiques, ce n’est pas pour embrayer sur Nostradamus – trop fastoche – mais sur Alphonse Courson. Un autre visionnaire, bien moins connu, et pourtant…
Courson est né à Paris en 1846. C’était un vagabond, dont tout le monde se contrefichait, et dont l’errance le mena jusqu’en Auvergne. Il y est d’ailleurs mort, plus précisément à La Ferté-Hauterive, pas loin de Moulins. C’est là qu’on a retrouvé son corps un jour de septembre 1920 dans une grange où il s’était certainement abrité pour la nuit.
Ce jour-là, on n’a pas seulement retrouvé son cadavre: juste à côté, quinze dessins jonchaient le sol. Des dessins pour le moins troublants : on y voyait la campagne française, théâtre d’une invasion de machines volantes, d’hommes volants descendants du ciel, un train blindé accompagnant des soldats, un débarquement…Toute une technologie qui n’existait pas à son époque mais qui sera développée vingt ans plus tard, pour la Seconde guerre mondiale.
Courson était-il vraiment visionnaire ? La correspondance entre ses dessins et ce qui allait arriver ensuite n’est-elle que le fruit du hasard ? L’homme avait en tout cas proposé ses dessins au ministère de la guerre…De quoi leur donner des idées ?
Sources: L'Auvergne insolite, de Pascal Sigoda
Crédit poto 2 (illustration):Guilthib
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