31 mai 2009Enfants sauvages (1/3): Natacha, Oxana élevées avec des chiens
Elle s'appelle Natacha et vit en Sibérie. Elle a 5 ans mais elle en paraît deux. Depuis sa petite enfance, son père l'a logé dans la même pièce que ses chiens. La nourrissant à peine. Ne s'occupant pas d'elle. Bien sûr, elle n'est jamais allé à l'école. Du coup, elle a développé le "syndrome de Mowgli". En grandissant avec les chiens, elle a appris à se comporter comme eux.
Elle marche à quatre pattes. Elle saute aux genoux d'une personne qui entre dans la pièce. Elle aboie. Sur la porte de sa chambre, un écriteau disait "chien dangereux". Les autorités l'ont finalement découverte et l'ont soustraite à son père qui a écopé...d'une amende. Ils ont espoir qu'elle devienne un jour une petite fille comme les autres.
Il y a plus incroyable! C'est que cette histoire n'est pas une exception. Selon le Daily Mail, d'autres enfants connaîtraient la même vie à cause de la pauvreté et de l'inconséquence de leurs parents. France Soir évoque même un garçonnet russe qui aurait grandi au milieu des oiseaux et s'exprimerait en gazouillant!
A quelques kilomètres de là, en Ukraine, un cas similaire a été rapporté. Oxana Malaya aurait échappé à la vigilance de ses parents alcooliques, lorsqu'elle avait trois ans, et se serait réfugié dans une sorte de taudis avec des chiens où elle aurait vécu jusqu'à l'âge de huit ans.
Elle a longtemps gardé des réflexes canins: sentir sa nourriture avant de la manger, se déplacer à quatre pattes, cacher le moindre objet qu'on lui donne...Aujourd'hui, à l'âge de 26 ans, elle semble avoir progressé et vit dans un institut spécialisé pour handicapés mentaux.
La prochaine fois, nous parlerons d'autres cas connus en France.
Crédit - Photo 1: capture d'écran de La Pravda
Sources: Europe 1, Le Daily Telegraph
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28 mai 2009Un python aux Buttes-Chaumont
Dimanche 24 mai, un promeneur a eu la surprise de découvrir un python royal qui se prélassait tranquillement dans un arbre des Buttes-Chaumont (Paris XIX). Le reptile, d’1m40, a été recueilli par les sapeurs-pompiers qui l’ont ensuite transféré dans une ferme tropicale du treizième arrondissement.
Quelques jours plus tôt, un autre spécimen avait été découvert, sur les bords du canal à Vierzon (18). Celui-ci était mort et c’est d’ailleurs son odeur qui a éveillé l’attention des riverains.
Ces découvertes sont plus insolites qu’ effrayantes. En effet, ce serpent n’est pas venimeux mais on le trouve plutôt dans les savanes d’Afrique de l’Ouest. Des touristes sont peut-être revenus avec quelques « exemplaires » dans leurs bagages et les ont égarés sans oser le dire…
On trouve de temps en temps dans les colonnes des journaux des trouvailles du même acabit. Il y a quatre ans, par exemple, c’est un kangourou nain qui avait été attrapé au beau milieu de la Corrèze.
Mais parfois, il s’agit davantage de rumeurs. Ainsi, en 2004, dans le Cantal, un touriste parisien avait cru filmer, avec son caméscope, une panthère noire sur le col enneigé d’Aulac, qui culmine à 1.228 mètres. Deux experts – un membre de l’office national de chasse et un responsable d’un parc animalier- ont eu beau clamer la « quasi-certitude » (tout est dans le quasi) qu’il s’agissait bien d’une panthère, le doute reste permis. Tout simplement parce que le félin n’a jamais été retrouvé.
Or, les animaux « exotiques » restent les personnages privilégiés de ce qu’on appelle les légendes urbaines, c'est-à-dire des mythes remis au goût du jour. Comme ces histoires d’alligators qui vivraient dans les égouts de Paris. Souvent, ces « légendes » cachent un aspect politique et sont utilisées comme des rumeurs malveillantes avec des boucs émissaires très précis. Ainsi, l’un de ces récits assure que de vils écologistes cacheraient des vipères (vénimeuses, elles) dans les forêts parisiennes ! Ceux qui racontent ça ne votent sans doute pas « Vert »...
Crédits - Photo 1: Patrick Jean (Museum d'Histoire Naturelle de Nantes)
Photo 2: Kama 17
Sources: AFP, La Nouvelle République, AP
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25 mai 2009Quand les oiseaux attaquent l'homme
On connaît le film d’Hitchcock, Les oiseaux. Depuis quelques jours, les Berlinois subissent un remake, un peu moins violent, mais qui n’a rien d’une fiction. Six attaques de volatiles ont en effet été enregistrées dans la capitale allemande récemment.
Dans la plupart des cas, les coupables sont un couple de corbeaux.
Un électricien de 41 ans a en effet été agressé alors qu’il allait à son travail. A neuf heures du matin, l’un des deux lui a donné des coups de becs sur la tête avant de s’enfuir dans le ciel… Et de revenir à la charge quelques secondes plus tard. L’employé a réussi à se protéger avec son sac à dos.
Le nid du couple d’oiseaux a été repéré mais la police ne peut pas s’en débarrasser à cause des lois en vigueur sur la protection de la nature. Tout juste ont-ils pu placer un panneau d’avertissement pour protéger les passants.
L’agressivité des corbeaux, bien que peu courante, peut s’expliquer par la période de couvaison des œufs. Néanmoins, les mêmes forces de l’ordre ont aussi enregistré une attaque perpétrée par…une mésange. Celle-ci a piqué droit vers une fillette de douze ans, cherchant visiblement à lui prendre ses cheveux pour étoffer son nid.
Souvenons-nous que le film d’Hitchcock s’inspirait lui-même d’un roman anglais de Daphné Du Maurier mais aussi de faits divers authentiques qui se sont déroulés aux Etats-Unis en 1961. Cette année-là, des maisons de Santa Cruz avaient été vandalisées par des oiseaux de mer : fenêtres fracassées, réverbères brisés, portes martelées, automobiles cabossées. La même année, à San Francisco, une horde de corbeaux avait massacré un troupeau de brebis.
En France, les cas d’attaque ne sont guère connus. Par contre, la ville de Brioude, en Haute-Loire, a connu l’an dernier une vague de suicides…de pigeons. Un beau jour, plusieurs pauvres bêtes se sont en effet écrasés contre les murs, subitement, pour tomber raides mortes. Le mystère n’a jamais vraiment été éclairci mais il semble que les oiseaux aient été empoisonnés par de vils êtres. Les pigeons, qui avaient envahi le centre-ville après avoir été chassés par les travaux entrepris sur la basilique où ils avaient élus domicile, étaient devenus gênants pour la population. Cette fois-là, le danger ne venait pas du ciel.
Crédit - Photo 2: Orrakle
Sources: AFP, La Montagne, Hitch et moi


22 mai 2009La mode des "vrais cadavres"
La mort est son métier. L’anatomiste allemand Gunther Von Hagens s’est spécialisé dans les expositions qui montrent de vrais cadavres humains. Depuis le 7 mai, les Berlinois peuvent découvrir sa dernière création : deux couples morts en train de copuler. Les corps ont été plastinés, c'est-à-dire que leur peau a été retirée pour mettre à nu les muscles, tendons et nerfs tandis que l’eau et les graisses ont été remplacées par de la silicone ou du polyester.
En avril, une autre exposition du même auteur avait été interdite à Paris. « Our bodies » exhibait aussi des cadavres dans un but soi-disant pédagogique pour montrer comment le corps humain était constitué. Mais comme l’origine des morts était suspecte (ils proviennent de Chine où le trafic de corps n’est pas rare), la Justice a décidé de sévir.
Il n’empêche, Von Hagens a lancé une véritable mode. Aux Etats-Unis ou en Asie, des expositions similaires attirent les foules. Au total, elles auraient généré plus de 700 millions de dollars de recettes.
La curiosité et le voyeurisme de l’homme pour la mort - et les morts -, au mépris de la morale, ne date pas d’hier. Récemment, souvenons-nous de la photo volée de François Mitterrand, gisant sur son lit, parue dans Paris Match peu après son décès, en janvier 1996.
Internet et sa confidentialité – personne ne vous regarde regarder – se révèle aussi un espace de liberté pour les voyeurs les plus morbides. En témoigne le succès du bien nommé site « Rotten » (ce qui signifie « pourri ») qui, depuis 1996, montre ou montrerait des vraies photos de cadavres mutilés, putréfiés, etc. Même si la possibilité du canular plane toujours.
Au cinéma, le mythe des snuff movies circule ainsi depuis de nombreuses années – même si aucun film ne montrant des exécutions réalisées uniquement pour la caméra n’a jamais été découvert. Il y a eu des rumeurs comme la saga américaine Face à la mort qui montrait, entre autres, des accidents mortels ou une mise à mort sur la chaise électrique…Tout était en fait bidon. En revanche, deux longs-métrages montrent de vrais assassinats…d’animaux. Cannibal Holocaust, de l’italien Ruggero Deodato et le chinois Camp 731 qui mettait en scène un chat dévoré par des rats. De quoi relancer le débat sur la valeur de la vie animale.
Source: Libération


16 mai 2009Lost décrypté: en attendant la saison 6
La captivante saison 5 de Lost vient de s’achever aux USA. Son dernier épisode atténue quelque peu la théorie que j’avais développée, selon laquelle cette île serait le continent Mu englouti. La fameuse statue qui règne sur l’ile ne semble finalement pas celle d'Anubis (bien que celle-ci soit peinte dans la caverne du « monstre ») mais de Sobek, déesse aquatique au visage de crocodile.
Il n’empêche : Lost reprend en tout cas la thématique de la civilisation disparue. Il semble en effet que cette île ait abrité des savoirs uniques (le voyage dans le temps, la faculté de guérir les maladies…), convoités par des groupes en tout genre (scientifiques, militaires, financiers…). Mais sa grandeur d’avant a en partie disparue : ravagée par des expériences scientifiques qui ont mal tourné, vidée d’une partie de sa population par des guerres (les Hostiles contre la Dharma, par exemple). A ce titre, la démolition de la statue est le symbole de ce déclin.
On retrouve cette thématique dans le mythe de l’Atlantide ou de Mû, toutes deux décrites comme des endroits de connaissance et de richesse, ruinés progressivement par les conflits humains et la décadence. Même les Nazis ont eu leur « Atlantide » sous le nom de « Ultime Thulé », une terre qui aurait été habitée par les Aryens, l’élite de l'humanité selon eux. Sans assimiler Lost à ce folklore fasciste, il est vrai que la série parle aussi d’élus puisque tous les passagers du vol Oceanic Airlines, qui s’est crashé sur l’île ont été choisis par Jacob.
Lost peut aussi rappeler le mythe des Illuminati, cette autre société secrète qui, selon la légende malveillante, avait placé ses hommes dans tous les lieux de pouvoirs et d’influences et qui vénérait aussi la civilisation égyptienne. Comment ne pas y penser en constatant que les indigènes de l’île sont tous devenus des puissants, une fois qu’ils ont quitté l’endroit (comme Charles Widmore) ou en voyant les murs des sous terrains de l’île noircis par des hiéroglyphes.
Mais les scénaristes de Lost ont aussi puisé dans la philosophie. Qui, à mon avis, tiendra une forte place dans la conclusion de la série. Ainsi, ce dernier épisode de la saison 5 nous a montré deux personnages, visiblement présents sur l’île depuis longtemps (depuis toujours ?). Jacob et un autre homme (son frère ?). Lors d’une scène, ils discutent sur la plage en voyant arriver un navire. L’un semble attendre avec impatience son accostage, l’autre le redoute arguant qu’à chaque fois que des gens débarquent, ils amènent la violence, la mort... Autrement dit, l’un attend la civilisation, l’autre voudrait rester à l’état de nature, la pureté, ne voyant dans la culture que corruption et décadence.
C’est l’éternelle querelle philosophique entre ceux qui pensent qu’il faut civiliser l’homme sauvage et ceux qui estiment que l’homme est naturellement bon mais que la société l’abîme. Jean-Jacques Rousseau défendait ce dernier point de vue... Rousseau ? Ca ne vous rappelle pas quelque chose ?
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10 mai 2009Anges et démons: le mythe des Illuminati
Après Da Vinci Code, une nouvelle adaptation d’un best-seller signé Dan Brown sort au cinéma, mercredi : Anges et démons. Ou comment Robert Langdon, expert en religion, va décrypter un complot de la secte des « Illuminati » contre l’Eglise Catholique.
Dans son livre, Dan Brown restait fidèle à sa thématique de la conspiration. Historiquement, les Illuminati ont véritablement existé. Fondée en mai 1776 par l’allemand Adam Weishaupt, cette société secrète voulait changer le monde et anéantir les régimes monarchiques, qui entravaient, selon elle, les progrès et les libertés. Opposée à l’Eglise Catholique, qui la traqua jusqu’à sa fin, elle disparut au bout de dix ans sans avoir réuni plus de 2.000 membres.
Pourtant, certains la soupçonnent d’avoir survécu – forcément secrètement. Les fantasmes sont nombreux sur son compte : elle serait à la tête d’un complot international visant à gouverner le monde. Ses membres infiltreraient les banques, universités, gouvernements et n’hésiteraient pas user de méthodes comme les chantages et les assassinats. Les Illuminati auraient même été à l’origine de grands évènements comme la Révolution française ou russe.
Incontestablement, ces « fantasmes » sont les traces laissées par le combat acharné que l’Eglise livra à cette confrérie. Des idées propagées par l’extrême droite traditionaliste mais qui se retrouvent aujourd’hui reprises par une frange de la population qu’on classerait plutôt à l’extrême gauche.
Pour cause, les deux « bords » ont quelques ennemis communs : les Etats-Unis et les Juifs. Ces deux « entités » ont précisément toujours été associées aux Illuminati. Notamment parce que la société secrète a été créée la même année que les Etats d’Amérique et que son fondateur était Juif. Si on ajoute que ce sont de richissimes personnalités juives (comme les Rothschild) qui ont été soupçonnées de financer cet ordre mystérieux, la passerelle entre « complot des illuminati » et « complot Juif » est vite franchie.
On ne dira pas que le bouquin de Dan Brown est antisémite. L’auteur vise d’ailleurs plutôt l’Eglise puisque dans son récit, les Illuminati auraient été fondés par Galilée, pour se venger des Catholiques qui l’ont persécuté. Du grand n’importe quoi historique. Mais la haine naît souvent dans l’inculture.
Source: L'internaute
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La bande-annonce du film:


07 mai 2009Qui était le tueur du Zodiaque?
L’identité du Tueur du Zodiaque, serial-killer qui terrifia l’Amérique entre 1968 et 1978, pourrait enfin être découverte. On compte au moins une dizaine de crimes à l’actif de cet insaisissable psychopathe, perpétrés dans la région de San Francisco. Même si lui-même a en revendiqué 37, à travers des courriers énigmatiques envoyés à la presse locale, à l’époque. Il y inscrivait des messages codés et signait d’un symbole zodiacal.
Aujourd’hui, c’est une certaine Deborah Perez, 47 ans, qui affirme connaître le nom de l’assassin : Guy Ward Hendrickson, qui n’est autre que son beau-père. Un menuisier, mort d’un cancer en 1983. Cette femme prétend avoir accompagné Hendrickson sur les lieux de son crime et avoir entendu des détonations, lorsqu’elle était enfant. Plus troublant, elle l’aurait aidé à confectionner la capuche, que le tueur portait lors de ses agissements, et aurait rédigé elle-même, suivant l’ordre de son beau-père, l’une des lettres envoyées à l’avocat Melvin Belli, en 1969. Le courrier disait alors « Je suis le Zodiaque, aidez-moi ». Deborah Perez assure aussi détenir la paire de lunettes d’une des victimes, le chauffeur de taxi Paul Stine.
Plusieurs voix remettent cependant en cause cette version. D’ailleurs, chaque année, des dizaines d’américains contactent la police pour expliquer qu’elles connaissaient personnellement le tueur du Zodiaque. Les révélations de Deborah Perez laissent dubitatives pour deux raisons, au moins : d’abord, on se demande pourquoi ces révélations arrivent seulement maintenant. Ensuite, elle a choisi de s’entourer d’un avocat récemment rayé du barreau, ce qui ne plaide pas en sa faveur.
Longtemps, c’est un autre homme qui fut suspecté d’être le tueur du Zodiaque : Arthur Leigh Allen. C’est d’ailleurs la thèse défendue dans le superbe film Zodiac, de David Fincher. Mais des tests ADN réalisés en 2002 prouvèrent que l’un des courriers, envoyés à la presse, n’avait pas été écrit par ce suspect. Une conclusion qui vaut ce qu’elle vaut.
L’an dernier, un autre anonyme est sorti de la foule pour accuser, lui aussi, son propre beau-père. Un certain Denis Kaufman qui a certifié que l’assassin mystérieux s’appelait Jack Tarrance. Avec des éléments fracassants à l’appui. Kaufman indique avoir découvert un déguisement, pareil à celui du Zodiaque (c'est-à-dire avec le symbole cousu dessus), chez son beau-père. Ainsi qu’un couteau avec des traces de sang séchées encore exploitables (les analyses sont en cours). Il est vrai que Tarrance ressemblait beaucoup au portrait robot, diffusé à l’époque, tout comme son écriture ressemblait à celle des courriers attribués au meurtrier.
Kaufman a aussi donné au FBI les négatifs de photos qui auraient été prises par son beau-père. On y découvre des jeunes hommes et femmes torturés et tués face à l’objectif…A vomir. Une chose est sûre. Entre Kaufman et Deborah Perez, il y en a au moins un(e) qui dit faux.


04 mai 2009Bérégovoy: suicide ou assassinat ?
Près de quatre millions de téléspectateurs ont regardé le téléfilm « Un homme d’honneur » qui retraçait les dernières années de Pierre Bérégovoy, le 1er mai dernier. Seize ans, jour pour jour, après la mort de l’ancien Premier ministre.
Aujourd’hui encore, Internet bruisse de théories sur la mort de l’homme politique. Un livre écrit par Dominique Labarrière et paru en 2003 a résumé les doutes sur la thèse officielle – le suicide - sous le titre éloquent : « Cet homme a été assassiné ». L’auteur relevait plusieurs zones d’ombre dans les dernières heures du socialiste.
Parmi celles-ci : des coups de téléphone passés par le disparu, peu de temps, avant l’heure H, à un mystérieux interlocuteur. Mais aussi deux détonations entendues par des témoins au lieu d’une, au moment du passage à l’acte. Et la disparition de son agenda après sa mort.
Et si Bérégovoy a été assassiné, qui pourrait être le coupable ? Labarrière avance alors les problèmes judiciaires, qui ont d’ailleurs précipité le maire de Nevers à l’échec politique. Comme ce prêt amical d’un million de francs dont il avait bénéficié et qui lui avait été accordé par l’homme d’affaire Roger-Patrice Pelat, à la probité mise en doute par la Justice. Et si Bérégovoy en savait trop sur certaines magouilles, éclaboussant sa famille politique ?
Mais quelques semaines après la sortie de ce livre, quelques mystères ont été résolus. Ainsi, l’entourage de François Mitterrand aurait fait disparaître l’agenda parce qu’il contenait des rendez-vous secrets (et intimes) de Bérégovoy et qu’il ne fallait pas que son épouse, Gilberte, l’apprenne. L’interlocuteur inconnu au téléphone serait d’ailleurs…une interlocutrice, c'est-à-dire l’amante. Quant aux deux détonations, il n’est pas impossible que l’ex premier ministre ait tiré une première fois en l’air ou dans le canal pour « essayer l’arme ».
La thèse du suicide tient d’ailleurs solidement la route. Car Pierre Bérégovoy était dépressif depuis l’échec retentissant de la gauche aux législatives de 1993 (moins de 100 sièges pour le PS). Il s’estimait responsable de cette déroute et ne supportait pas l’opprobre jeté sur lui par la presse, quant à ses relations avec Pelat. S’il avait été réélu député de la Nièvre, « Béré » avait du tirer un trait définitif sur ses ambitions présidentielles, nourries dans le silence. Une blessure dont ce fils d’ouvrier, souvent moqué pour ses origines dans le monde politique français, ne s’est jamais remis.
Sources: " Cet homme a été assassiné ", de Dominique Labarrière, éditions de La table ronde, Un jour, un destin, émission diffusée France 2, le 1er mai à 22h10, Le canard enchaîné
Crédit photo - Photo 1: Ministère de l'Économie et des Finances


01 mai 2009AZF: la théorie de l'attentat (3/3)
Le début de l'article à lire ici
L’ultime donnée qui pourrait renforcer la piste d’un attentat
islamiste, c’est ce coup de téléphone reçu par la police, la veille de
la catastrophe. Au bout du fil, une voix annonce l’arrivée à Toulouse
d’un homme issu de la mouvance islamiste, spécialiste des explosifs…
A tous ces mystères équivoques, le procès a finalement donné des réponses. Ainsi, si Jandoubi avait plusieurs caleçons sous son pantalon, c’était pour se donner un peu d’épaisseur, parce qu’il se trouvait trop maigre. D’ailleurs, on le surnommait « Squelettor ».
Son comportement agressif, avec le chauffeur Karim Ben Driss ? Le reflet de l’ambiance habituelle de travail, selon d’autres employés de l’usine, qui ont témoigné au procès. Ceux qui chargeaient les camions avec la marchandise (comme Jandoubi le faisait) cultivaient en effet la colère… contre un job monotone, contre un salaire de misère et contre les chauffeurs de camions, qu’ils estimaient mieux traités qu’eux.
L’altercation avec le salarié qui avait décoré son véhicule aux
couleurs des USA ? Juste une rumeur. C’est en effet Ben Driss (toujours
le même témoin) qui rapporte cette scène…Tout en avouant qu’il n’y a
pas assisté lui-même mais qu’on lui en a fait le récit. Trop flou pour
être pris en compte par la Justice.
L’appartenance de Jandoubi à la mouvance islamiste ? Faux, répond l’avocat de la famille du disparu. « Il fumait et il buvait ». Et en plus, il ne faisait pas le Ramadan. Pas vraiment un comportement de religieux fondamentaliste…
Enfin, l’auteur du coup de téléphone anonyme a finalement été identifié : rien à voir AZF. Il s’agissait d’un homme qui voulait se venger de son beau-frère… De même que l’inconnu aperçu a l’usine a également été retrouvé : il venait ici chercher du travail mais avait dû rebrousser chemin, victime d’une gastroentérite.
Le tribunal a donc soigneusement repoussé les éléments qui plaidaient en faveur d’un attentat terroriste. Au grand dam de Total qui réfute l’hypothèse officielle selon laquelle la tragédie a été la conséquence d’un accident chimique, lui-même causé par une série de négligences. Hypothèse qui ferait « raquer » sévère le groupe français. On comprend qu’il ne veuille pas de cette explication.
Sources: AFP, La dépêche du Midi, Le Figaro
Crédit Photo 1: Camille Harang









