23 janvier 2009La face cachée de Tintin: était-il antisémite?
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Dans L'étoile mystérieuse, il y a une case terriblement antisémite. Pas dans l'album mais dans la version parue dans le journal belge Le soir. |
On y voit deux juifs, longue barbe et nez crochu, se réjouir de l'annonce de la fin du monde, avec l'accent. "Ce serait une bonne bedide avaire. Che dois 50.000 francs à mes vournizeurs...Gomme za, che ne te ferais bas bayer!". On retrouve là l'image du Juif perpétuellement associé à l'argent et profitant de toutes les occasions, y compris les plus sinistres, pour faire des affaires.
Dans le même album, le rôle du méchant banquier, Bohlwinkel, est tenu par un Juif. Tandis que les membres de l'équipage de Tintin, les gentils, représentent les pays de l'Axe ou occupés par l'Axe à l'époque, c'est à dire en 1942 (Allemagne et Belgique notamment).
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Hergé n'avait d'ailleurs pas eu d'état d'âme à travailler dans le journal Le Soir, alors sous contrôle allemand. On connaît aussi ses amitiés sulfureuses avec le leader d'extrême-droite belge Léon Degrelle ou avec l'abbé Wallez, antisémite notoire et admirateur de Mussolini. N'en jetez plus. |
Mais le "profil politique" d'Hergé s'avère plus complexe qu'il n'y paraît. Ainsi, dans Le sceptre d'Ottokar, un dirigeant tyrannique tente de monter un coup d'Etat. Il se nomme Musstler, soit la contraction de Mussolini et d'Hitler. Pas vraiment une propagande pour le national-socialisme...Mais c'était avant l'occupation de la Belgique.
Selon Henri Roanne Rosenblatt, un auteur qui fréquenta Hergé, le père de Tintin confia un jour de 1970: "C'est vrai que certains dessins, je n'en suis pas fier. Mais vous pouvez me croire: si j'avais su à l'époque la nature des persécutions et la solution finale, je ne les aurais pas faits. Je ne savais pas. Ou alors, comme tant d'autres, je me suis peut-être arrangé pour ne pas savoir".


20 janvier 2009La face cachée de Tintin (2/3): était-il raciste?
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Parmi les griefs adressés à Hergé, l'accusation de racisme est régulièrement revenue, notamment pour l'album Tintin au Congo. |
Plusieurs vignettes y montrent en effet des noirs parlant un langage caricatural basé sur le "moi y en a". Sur une page, on peut voir Tintin ordonner aux Congolais d'aider Milou à redresser une petite locomotive accidentée. Tandis que le chien s'attelle à l'ouvrage en traitant les noirs de "paresseux", les concernés pinaillent avec des dialogues du genre "Moi va salir moi".
En Grande-Bretagne, l'ouvrage a d'ailleurs été retiré du rayon enfants des bibliothèques après une décision de justice de la Commission Britannique pour l'Egalité des Races, jugeant la BD "raciste" en 2007.
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En Belgique, quelques semaines plus tard, un étudiant congolais, Bienvenu Mbutu Mondondo, avait réclamé l'interdiction de ces aventures de Tintin en pointant la "propagande colonialiste" développée sur plusieurs pages. Mais sa demande est restée lettre morte. |
De son vivant, Hergé avait déjà répondu à ces attaques, reconnaissant avoir été manipulé par l'esprit colonial de l'époque (le Congo était aux mains des Belges). Dans le livre de Numa Sadoul, "Entretiens avec Hergé" (1971), il déclarait: "J'étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l'époque: "Les nègres sont des grands enfants, heureusement que nous sommes là"".
Mais dans les péripéties suivantes de Tintin, le dessinateur aura eu l'occasion de se "racheter". Dans Coke en Stock, il montrait des Noirs victimes d'esclavagisme. Tandis que dans Tintin en Amérique et dans le Lotus Bleu, il illustrait le racisme et la bêtise des Blancs puissants, respectivement face aux Indiens et aux Chinois.


15 janvier 2009La face cachée de Tintin (1/3): était-il gay?
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Tintin vient de fêter ses 80 balais. Mais pour beaucoup, il demeure encore un type opaque. Parmi les questions posées: aimait-il les hommes ? Oui, vient de répondre Matthew Parris, un journaliste conservateur britannique, défenseur des homosexuels. Dans un article publié dans le journal le Times, il dresse une liste d’arguments plus ou moins convaincants. |
Entre autres: Tintin ne montre jamais d’attirance pour les femmes – lesquelles restent d’ailleurs très rares dans ses aventures (huit sur 350 personnages). A l’exception de Tournesol, les autres protagonistes principaux n’affichent pas davantage leurs préférences sentimentales.
De plus, les Dupont et Dupond témoignent d’un goût du déguisement fréquent, qui pourrait les faire passer pour deux travestis, même si en la matière, c’est la diva Castafiore qui décroche le pompon.
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Et puis les amitiés de Tintin peuvent attiser la curiosité : avec le capitaine Haddock, bien sûr, ce marin viril qui vit sous le même toi que lui, c'est-à-dire le château Moulinsart mais aussi avec deux garçons : Tchang (Tintin au Tibet) et Zorrino (le petit péruvien du Temple du soleil dont la féminité est encore plus soulignée dans le dessin animé). |
La parution de cet article, plus rigolo que sérieux, a en tout cas fait tousser quelques tintinophiles. Le Figaro s’est empressé de publier un contrepoint, bizarrement intitulé « On a marché sur Tintin » (l’homosexualité n’est pourtant pas une insulte) où le psychiatre Serge Tisseron explique que si le journaliste belge ne fait pas étalage de son orientation sexuelle, ce n’est pas parce qu’il est gay mais parce que c’est un enfant.
Ceux qui sont frustrés par cette analyse et qui ont toujours rêvé que Tintin fasse son coming out peuvent se tourner vers des bandes dessinées parodiques belges, réalisées sous la direction de l’anarchiste Jan Bucquoy et qui montrent le héros de BD dans des postures très hot et de toutes orientations sexuelles…














