28 décembre 2008Ca sent le sapin
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Dépression de fin d’année causée par le climat hivernal ou simple hasard…Toujours est-il que la période de Noël est régulièrement marquée par une abondance de faits divers. |
Cette année, l’horreur a frappé le 24 décembre dans une ville américaine, Covina, située dans la banlieue de Los Angeles. Un homme déguisé en père Noël et armé de quatre revolvers a fait irruption dans une maison où il a vidé son chargeur sur les convives réunis pour célébrer le Christmas Day. Il a ensuite provoqué un incendie avant de mettre fin à ses jours. Bilan : dix morts.
L’homme venait d’acter son divorce et de perdre son emploi. La maison du massacre appartenait d’ailleurs à la famille de son ex-femme.
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Moins atroce sans être particulièrement joyeux, cet autre fait divers qui s’est déroulé à Martigné-Briand (Maine-et-Loire). Un homme de 65 ans, lui aussi fraîchement séparé de sa femme, n’a pas supporté de passer Noël seul chez lui. Il a tenté de se pendre mais la corde a craqué. Il s’est ensuite emparé d’un couteau pour se trancher la gorge mais n’a pas réussi. Enfin, il a ouvert quatre bouteilles de gaz et répandu du carburant au rez-de-chaussée de son immeuble pour y mettre le feu. Mais les pompiers sont parvenus à maîtriser l’incendie et du même coup à sauver le suicidaire qui s’en en tiré « légèrement blessé ». Quand ça veut pas… |
Au cinéma, Noël inspire aussi quelques films d’horreur. Citons Black Christmas, un slasher-movie dans lequel des étudiants reçoivent un coup de téléphone leur annonçant une série de meutres pour « fêter » la fin d’année. N’oublions pas Jack Frost qui narre les exactions d’un bonhomme de neige serial-killer ( !). Mais aussi la saga Douce Nuit, sanglante nuit, située dans la lignée d’Halloween et de Vendredi 13.
Mais l’opus le plus gore nous vient de France. Sorti en 2007, A l’intérieur est signé par un duo biberonné à la revue du film d’horreur, Mad Movies, Julien Maury et Alexandre Bustillo. Il met en scène, la veille de Noël, un affrontement entre une femme enceinte jusqu’aux yeux (Allyson Paradis) et une mystérieuse prédatrice (Béatrice Dalle). Il y a beaucoup de rouge dedans mais ce n’est ni du vin de table ni le futal du père Noël…
La bande-annonce du film A l'intérieur:


12 décembre 2008Shyamalan écologiquement correct
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Le dernier film du cinéaste M. Night Shyamalan vient de sortir en DVD. Phénomènes rompt avec la niaiserie féérique de La jeune fille de l'eau, son précédent opus, pour filmer une violence sèche et impromptue. |
Aux Etats-Unis, une vague de suicide inexpliqués secoue le pays. Dans les parcs et les rues, des passants se tranchent soudainement la carotide ou foncent en voiture contre un mur. Un professeur de sciences, à Philadelphie, décide de fuir avec sa petite famille pour échapper à cette menace invisible, cette contamination démente qui semble se propager de corps en corps.
A mi-parcours, le film révèlera l'étrange cause de cette épidémie mortelle: c'est la nature qui se venge du mal qu'on lui fait. Les végétaux semblent émettre une force mystérieuse qui contraint les hommes à se supprimer.Comme s'ils étaient des nuisibles.
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Depuis quelques années, l'écologie est devenue un thème très prisé dans les films catastrophes. On se souvient du Jour d'après, de Roland Emmerich (2004) où les bouleversements climatiques entraînaient le début de la fin (du monde). Prétexte à effets spéciaux là, prétexte à suspense et angoisse ici. |
L'époque et les exigences du box-office aboutissent à des métrages très moralisateurs. Mais dans la catégorie "films d'horreur", on connaît d'autres exemples où le thème de la supériorité de la nature sur l'homme a donné un résultat nettement moins politiquement correct.
Le cas le plus parlant est sans doute celui du film Délivrance, de John Boorman, en 1972. Il met en scène quatre jeunes citadins partant en excursion sur une rivière. Mais le week-end vire au cauchemar lorsqu'ils tombent sur une bande de dégénérés qui leur font subir les pires sévices, notamment un viol. Et la nature, cruelle, ne fait rien pour les aider, bien au contraire.


24 novembre 2008Crânes de cristal et légende en toc
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La sortie en DVD du quatrième volet d'Indiana Jones remet au goût du jour la légende qui est au coeur de son intrigue: celle des crânes de cristal. Dans le film, l'aventurier se lance à leur recherche dans la jungle amazonienne. |
Selon le mythe, les crânes seraient au nombre de treize et éparpillées à travers la planète. Leur réunion permettrait à l'humanité de se rassembler et d'éviter la fin du monde. Ils auraient été conçus à l'époque précolombienne par les Aztèques dans des blocs de cristal. Or, leur précision est telle qu'ils n'ont pas pu être élaborés avec les outils de l'époque...à moins d'un renfort d'une autre civilisation, peut-être extra-terrestre! C'est justement la thèse soutenue dans le film de Spielberg.
Plusieurs crânes demeurent visibles aujourd'hui dans diférents musées. L'un se trouve au quai Branly à Paris, un autre au British Museum de Londres, un autre à la Smithsonian Institution de Washington. Certains figureraient aussi au sein de collections privées.
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L'histoire la plus emblématique est celle du "Skull of doom" (le crâne du destin). C'est l'explorateur britannique, Mitchell-Hedges, qui l'aurait découvert avec sa fille en 1924 lors de fouilles dans la cité maya de Lubaantum au Belize. Revenu en Grande-Bretagne en 1950, il lança la fameuse légende en prétendant que l'objet avait 3.600 ans. |
La vérité semble moins romantique. Tous ces crânes proviendraient d'Allemagne où ils auraient été fabriqués entre 1867 et 1886. Ils auraient ensuite atterri dans les mains d'un antiquaire français basé au Mexique et nommé Eugène Boban. Celui-ci approvisionnait beaucoup de musées dans le monde à qui il aurait refilé, sciemment ou non, ces contrefaçons censées provenir des Aztèques. Quant à Mitchell-Hedges, il aurait acquis son exemplaire dans une banale vente aux enchères.
Plusieurs études ont démontré la supercherie, au moins pour certains de ces crânes, dès 1950. Mais quelques rêveurs ésotériques ont fait perdurer la légende, notamment la société Crystal Skulls International, fondée en 1945. Ceux-là ont peut-être apprécié le film de Spielberg, qui a privilégié totalement leur thèse. Mais ce n'est que du cinéma.


14 septembre 2008Martyrs, sévice maximum
Humiliées, frappées, torturées, dépecées... Les jeunes femmes du film Martyrs (actuellement en salles) n'échappent à aucun supplice. Depuis toujours, le film d'horreur privilégie les filles - souvent dénudées - dans le rôle des victimes. Parce qu'elles symbolisent l'innocence et la fragilité face à des bourreaux pervers. Parce qu'il faut bien rincer l'oeil du public, également.
Mais ce film de Pascal Laugier (déjà réalisateur de Saint Ange) s'inscrit dans un nouveau sous-genre: le film de torture. Aux Etats-Unis, Saw et Hostel en sont les représentants les plus emblématiques. Le concept est simple: on prend quelques personnes, on les enferme dans une pièce sombre et on leur en met "plein la gueule". Point de surnaturel, de fantastique: juste de la violence crue, cruelle et jusqu'au boutiste.
Elie Roth, metteur en scène de Hostel, assume l'influence de l'actualité sur son cinéma. La guerre en Irak et les photos "volées" d'Abou Grhaib sont passées par là. Le cinéma de genre recrache la barbarie, le sadisme que le monde occidental (les USA, en l'occurrence) a embarqué avec lui tandis qu'il prétendait exporter la démocratie. Le film d'horreur comme un reflet de la mauvaise conscience.
Le problème est autre avec Martyrs. Problème d'imagerie d'abord. En voyant l'allure des bourreaux du film (des armoires à glace au crâne rasé) et celle des victimes (nues, d'une maigreur spectaculaire), on ne pense pas à Abou Ghraib mais au nazisme.
Problème de discours ensuite: en adoptant la position confortable du "je montre mais je ne dis rien", Laugier se contente de soumettre le public à des images d'ultraviolence sans lui laisser la possibilité de réfléchir à quoique ce soit. Un peu comme les bourreaux de son film qui cognent sans dire un mot.
Le seul enseignement est dispensé en conclusion pour les personnages: ceux qui acceptent la douleur s'en sortent et deviennent des héros impressionnants. Ceux qui résistent et se plaignent périssent. Reliez cette "maxime" aux quelques lignes plus haut: ceux qui résistent aux nazillons sont des faibles. Ceux qui acceptent leur sort sont braves. Nauséeux, non?
- Une vidéo: la bande-annonce.
- Un lien: une opinion différente sur le film.
Les images sont extraites du story board du film.











