14 juin 2009Enfants sauvages (3/3): l'incroyable histoire de Rochom P'ngieng
Janvier 2007, au fin fond du Cambodge. Dans la province reculée du Rattanakiri, dès que la nuit tombe, les villageois se barricadent. Ils craignent qu’un démon ne vienne les étrangler. C’est que, depuis quelques temps, il se passe des choses bizarres. Dans une scierie, les ouvriers ont remarqué, par exemple, que des objets disparaissaient mystérieusement, à la faveur de l’obscurité.
Le 13 janvier, ils se décident à sévir…et surprennent le coupable en flagrant délit. A vrai dire, ils n’en croient pas leurs yeux : c’est un être mi-femme, mi-animal. Couvert de boue séchée, extrêmement maigre, les yeux rouges. Furtivement, ils aperçoivent en même temps, un homme hirsute, lui aussi couvert de boue et de tatouage, qui fuit dans la forêt.
Le lendemain, tout le village n’a d’yeux que pour cette femme étrange. Mais Sal Lou, un policier du coin, croit la reconnaître. « C’est Rochom P’ngieng, ma fille ». Celle-ci avait disparu dix-neuf ans plus tôt, alors qu’elle gardait un buffle. D’ailleurs, sur son poignet, il y a une cicatrice. Et sa fille, avant de s’évaporer, s’était justement blessée là.
Dès lors, Sal Lou décide de l’héberger. Mais la jeune femme, qui pourrait alors avoir 27 ans, garde des réactions inquiétantes. Elle dort à peine, recule d’effroi devant une tasse d’eau chaude, semble malheureuse, ne prononce que quelques mots (« papa », « maman », « mal à l’estomac »…). Des villageois demandent même l’aide de moines bouddhistes, persuadé que Rochom est possédée par des démons.
Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’on découvre des « hommes sauvages » dans la jungle. Ainsi, en novembre 2004, six familles avaient surgi après 24 ans d’errance. Il s’agissait de déserteurs khmers rouges qui avaient fui la guerre et ne maîtrisaient plus qu’un langage rudimentaire.
Il y a cependant une autre piste à creuser au sujet de cette femme sortie de nulle part. La marque sur son poignet…Et si ce n’était pas la trace d’une quelconque blessure d’enfance mais plutôt celle laissée par des liens ? Dans la campagne cambodgienne, il n’est pas rare qu’on ligote les handicapés mentaux. A-t-elle échappé à des ravisseurs, des sadiques ? D’ailleurs, pourquoi avait-elle les cheveux courts si elle n’avait vécu qu’avec des animaux ? Et surtout, qui était cet « homme hirsute » aperçu dans la jungle ? Deux ans plus tard, le mystère reste entier.
Crédits - Photo 1: Immu
Photo 2: Anduze traveller (hutte traditionnelle dans le Rattanakiri)
Sources: Le figaro, AP
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- Enfants sauvages (1/3)
- Enfants sauvages (2/3)


10 juin 2009Enfants sauvages (2/3): des cas en France
Les histoires d’enfants sauvages s’avèrent le plus souvent des canulars. Tous, plus ou moins inspirés par le mythe fondateur, celui de Remus et Romulus, ces deux frères de la mythologie romaine, qui auraient été élevés par une louve avant de bâtir Rome. Ceci dit, « lupa » (louve) peut aussi signifier « prostituée ». Donc, même le récit originel pourrait avoir été un malentendu.
Parmi les cas bidons, on peut citer celui de l’enfant-mouton d’Irlande en 1640, qui n’aurait été en fait qu’un enfant très handicapé, exhibé dans des foires par des escrocs. Ou, plus proche de nous, celui de Misha Defonseca, une fillette qui aurait grandi avec les loups pendant la seconde guerre mondiale. Le film de Vera Belmont, « Survivre avec les loups » est adapté de ce récit, qui n’était qu’un mensonge proféré par son héroïne, à tendance mythomane.
Le chirurgien Serges Aroles, auteur du livre « L’énigme des enfants loups » (photo 1) a débusqué un seul cas fondé, en France. Celui de Marie-Angélique, une petite amérindienne, issue de la tribu des Renards du Wisconcin, Etat américain alors sous emprise française (nous sommes au XVIII e siècle).
En 1721, la fillette est conduite en Provence. Un an plus tard, elle s’enfuit, profitant du trouble semé par la Grande Peste. Pendant dix ans, elle va survivre seule dans les forêts du royaume, profitant sans doute des savoirs acquis au sein de sa tribu. Elle sera retrouvée en 1731 à Songy (en Champagne), alors âgée de 19 ans. Contre toute attente, elle parviendra à se re-socialiser et mourra à l’âge de 63 ans, pensionnée par la reine de France.
Le cas de Victor de l’Aveyron, autre enfant dit sauvage, est plus brumeux. Découvert dans la forêt en 1800, à l’âge de 10 ans, il est confié au docteur Jean Itard, qui échouera à le réintégrer dans la vie sociale. On ne sait pas ce que le garçon avait connu au cours des huit années précédentes, dans la nature, mais il avait des marques de maltraitance, ne semblait pas avoir développé d’agilité particulière et aurait même été handicapé mental dès la naissance.
D’une manière générale, beaucoup de ces enfants n’ont pas réellement vécu à l’état sauvage, avec les animaux. C’est un mythe destiné à cacher qu’ils sont handicapés mentaux et qu’ils ont été maltraités. Un mythe qui en arrange certains, donc.
Crédit photo 2: affiche du film l'Enfant sauvage, de François Truffaut, adapté de l'histoire de Victor de l'Aveyron
Source: L'énigme des enfants loups, de Serge Aroles
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31 mai 2009Enfants sauvages (1/3): Natacha, Oxana élevées avec des chiens
Elle s'appelle Natacha et vit en Sibérie. Elle a 5 ans mais elle en paraît deux. Depuis sa petite enfance, son père l'a logé dans la même pièce que ses chiens. La nourrissant à peine. Ne s'occupant pas d'elle. Bien sûr, elle n'est jamais allé à l'école. Du coup, elle a développé le "syndrome de Mowgli". En grandissant avec les chiens, elle a appris à se comporter comme eux.
Elle marche à quatre pattes. Elle saute aux genoux d'une personne qui entre dans la pièce. Elle aboie. Sur la porte de sa chambre, un écriteau disait "chien dangereux". Les autorités l'ont finalement découverte et l'ont soustraite à son père qui a écopé...d'une amende. Ils ont espoir qu'elle devienne un jour une petite fille comme les autres.
Il y a plus incroyable! C'est que cette histoire n'est pas une exception. Selon le Daily Mail, d'autres enfants connaîtraient la même vie à cause de la pauvreté et de l'inconséquence de leurs parents. France Soir évoque même un garçonnet russe qui aurait grandi au milieu des oiseaux et s'exprimerait en gazouillant!
A quelques kilomètres de là, en Ukraine, un cas similaire a été rapporté. Oxana Malaya aurait échappé à la vigilance de ses parents alcooliques, lorsqu'elle avait trois ans, et se serait réfugié dans une sorte de taudis avec des chiens où elle aurait vécu jusqu'à l'âge de huit ans.
Elle a longtemps gardé des réflexes canins: sentir sa nourriture avant de la manger, se déplacer à quatre pattes, cacher le moindre objet qu'on lui donne...Aujourd'hui, à l'âge de 26 ans, elle semble avoir progressé et vit dans un institut spécialisé pour handicapés mentaux.
La prochaine fois, nous parlerons d'autres cas connus en France.
Crédit - Photo 1: capture d'écran de La Pravda
Sources: Europe 1, Le Daily Telegraph
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