Montauk

Toutes les infos "à la marge" trouvées sur Internet et mises en débat: théorie du complot, cryptozoologie, insolite... Parce que tout est politique.

22 mai 2009
La mode des "vrais cadavres"

bodies La mort est son métier. L’anatomiste allemand Gunther Von Hagens s’est spécialisé dans les expositions qui montrent de vrais cadavres humains. Depuis le 7 mai, les Berlinois peuvent découvrir sa dernière création : deux couples morts en train de copuler. Les corps ont été plastinés, c'est-à-dire que leur peau a été retirée pour mettre à nu les muscles, tendons et nerfs tandis que l’eau et les graisses ont été remplacées par de la silicone ou du polyester.

En avril, une autre exposition du même auteur avait été interdite à Paris. « Our bodies » exhibait aussi des cadavres dans un but soi-disant pédagogique pour montrer comment le corps humain était constitué. Mais comme  l’origine des morts était suspecte (ils proviennent de Chine où le trafic de corps n’est pas rare), la Justice a décidé de sévir.

Il n’empêche, Von Hagens a lancé une véritable mode. Aux Etats-Unis ou en Asie, des expositions similaires attirent les foules. Au total, elles auraient généré plus de 700 millions de dollars de recettes.

cannibal La curiosité et le voyeurisme de l’homme pour la mort - et les morts -, au mépris de la morale, ne date pas d’hier. Récemment,  souvenons-nous de la photo volée de François Mitterrand, gisant sur son lit, parue dans Paris Match peu après son décès, en janvier 1996.

Internet et sa confidentialité – personne ne vous regarde regarder – se révèle aussi un espace de liberté pour les voyeurs les plus morbides. En témoigne le succès du bien nommé site « Rotten »  (ce qui signifie « pourri ») qui, depuis 1996, montre ou montrerait des vraies photos de cadavres mutilés, putréfiés, etc. Même si la possibilité du canular plane toujours.

Au cinéma, le mythe des snuff movies circule ainsi depuis de nombreuses années – même si aucun film ne montrant des exécutions réalisées uniquement pour la caméra n’a jamais été découvert. Il y a eu des rumeurs comme la saga américaine Face à la mort qui montrait, entre autres, des accidents mortels ou une mise à mort sur la chaise électrique…Tout était en fait bidon. En revanche, deux longs-métrages montrent de vrais assassinats…d’animaux. Cannibal Holocaust, de l’italien Ruggero Deodato et le chinois Camp 731 qui mettait en scène un chat dévoré par des rats. De quoi relancer le débat sur la valeur de la vie animale.

Source: Libération

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18 février 2009
Les croquemitaines votent Républicain

vendredi Freddy, Jason, Michael Myers ou encore LeatherfaceAutant de croquemitaines devenus des personnages cultes des films d’horreur entre les années 70 et 80. Avec le remake de Vendredi 13 sorti la semaine dernière, arrivé après celui de Massacre à la tronçonneuse et de Halloween, les tueurs gores sont de retour sur grand écran.

Peut-être pas un hasard. L’avènement de ces serial-killer a coïncidé avec une ère politique, celle de Nixon puis de Reagan, marquée par un net virage à droite des USA, notamment sur les questions sociétales et qui a permis au puritanisme le plus outrancier de s’exprimer.

Or, en s’attaquant de préférence aux étudiants fêtards, aux couples qui perdent leur virginité et qui forniquent sous la couette, Jason et compagnie symbolisaient justement le visage - monstrueux – de cette Amérique hypocrite, qui censure le sexe mais s’abreuve de violence, qui verrouille sous la ceinture mais dérouille à coups de ceinturon.

vendredi2 Dans Massacre à la tronçonneuse, le sadique poussait loin la métaphore en utilisant son instrument de torture comme prolongement phallique pour pallier sa frustration face aux jolies créatures, notamment dans le second volet. Les puritains ? Des impuissants, selon le réalisateur Tobe Hooper.

Pas étonnant dès lors que les « méchants » aient fait leur grand come-back sous l’ère Bush, et son retour à l’ordre moral discutable. Même si l’élection d’Obama va peut-être mettre un terme à la résurrection de cette mode.

Le choix Démocrate semble en effet celui des auteurs de ces slasher movies. D’ailleurs, dans Freddy, l’intrigue débutait dans une rue baptisée « Elm Street ». Du nom de celle où JFK fut assassiné en 1963. Un traumatisme horrible. Et à l’arrivée, un film d’horreur traumatisant.

Crédit photo 2: TCM Hitchhicker


Sujets proches:

La bande-annonce de Vendredi 13, réalisé par Marcus Nispel

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28 janvier 2009
Un cinéma post-Internet

diary

Diary of the dead vient de sortir en DVD. C’est le cinquième volet de la saga horrifique américaine de George A. Romero (après La nuit des morts-vivants, Zombies, Le jour des morts vivants et Land of the dead).

On y suit les malheurs d’un groupe d’étudiants confrontés à un virus transformant l’humanité en armée de zombies, dans une ambiance de fin du monde. Histoire banale pour le genre mais traitement spécial : beaucoup de scènes sont vues à travers les images tournées au caméscope par l’un des héros.

Ca vous rappelle quelque chose ? Normal, plusieurs films ont adopté le procédé depuis le culte Projet Blair Witch (1999) jusqu’aux récents Cloverfield, Rec ou dans un autre genre Redacted.

rec

Aujourd’hui, le concept prend une résonance particulière – encore inexistante à l’époque de Blair Witch – celle de l’ère Internet, de Facebook et Youtube. C'est-à-dire de la banalisation des images dites « amateurs », captées en dehors des « clous », des règles établies (c'est-à-dire des reportages journalistes ou bien des films de cinéma) .

Mais ces images sans esthétique (ou supposées comme telles) peuvent aussi rappeler les vidéos de surveillance qui abondent dans cette période sécuritaire dont on n’est toujours pas sorti depuis le 11 septembre 2001. Vidéos d’anonymes ou vidéos de flics, c’est toujours la question de l’intime, et plus précisément de sa violation qui fait surface.  Or, lorsqu’un pays ne peut plus assurer d’espace privé, de « jardin secret » à ses citoyens, on n’est plus en démocratie mais dans une dictature.

Et c’est justement cette peur de la tyrannie qui obsède tout un pan du cinéma américain depuis l’effondrement des tours jumelles et la politique bushiste qui l’a suivi, à grands coups de « Patriot act ».
Le sujet aura d’ailleurs traversé toute la filmographie de Romero, cinéaste politique. Cependant, d’un point de vue purement cinématographique, cet épisode-là est sans doute le plus mauvais, le plus mou. Mais ça, c’est un autre débat.

La bande-annonce de Diary of the Dead:

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14 septembre 2008
Martyrs, sévice maximum

martyr3 Humiliées, frappées, torturées, dépecées... Les jeunes femmes du film Martyrs (actuellement en salles) n'échappent à aucun supplice. Depuis toujours, le film d'horreur privilégie les filles - souvent dénudées - dans le rôle des victimes. Parce qu'elles symbolisent l'innocence et la fragilité face à des bourreaux pervers. Parce qu'il faut bien rincer l'oeil du public, également.

Mais ce film de Pascal Laugier (déjà réalisateur de Saint Ange) s'inscrit dans un nouveau sous-genre: le film de torture. Aux Etats-Unis, Saw et Hostel en sont les représentants les plus emblématiques. Le concept est simple: on prend quelques personnes, on les enferme dans une pièce sombre et on leur en met "plein la gueule". Point de surnaturel, de fantastique: juste de la violence crue, cruelle et jusqu'au boutiste.

Elie Roth, metteur en scène de Hostel, assume l'influence de l'actualité sur son cinéma. La guerre en Irak et les photos "volées" d'Abou Grhaib sont passées par là. Le cinéma de genre recrache la barbarie, le sadisme que le monde occidental (les USA, en l'occurrence) a embarqué avec lui tandis qu'il prétendait exporter la démocratie. Le film d'horreur comme un reflet de la mauvaise conscience.

martyr4 Le problème est autre avec Martyrs. Problème d'imagerie d'abord. En voyant l'allure des bourreaux du film (des armoires à glace au crâne rasé) et celle des victimes (nues, d'une maigreur spectaculaire), on ne pense pas à Abou Ghraib mais au nazisme.

Problème de discours ensuite: en adoptant la position confortable du "je montre mais je ne dis rien", Laugier se contente de soumettre le public à des images d'ultraviolence sans lui laisser la possibilité de réfléchir à quoique ce soit. Un peu comme les bourreaux de son film qui cognent sans dire un mot.

Le seul enseignement est dispensé en conclusion pour les personnages: ceux qui acceptent la douleur s'en sortent et deviennent des héros impressionnants. Ceux qui résistent et se plaignent périssent. Reliez cette "maxime" aux quelques lignes plus haut: ceux qui résistent aux nazillons sont des faibles. Ceux qui acceptent leur sort sont braves. Nauséeux, non?


Les images sont extraites du story board du film.

Posté par Thibaut Solano à 12:22 - Cinéma - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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