01 mai 2009AZF: la théorie de l'attentat (3/3)
Le début de l'article à lire ici
L’ultime donnée qui pourrait renforcer la piste d’un attentat
islamiste, c’est ce coup de téléphone reçu par la police, la veille de
la catastrophe. Au bout du fil, une voix annonce l’arrivée à Toulouse
d’un homme issu de la mouvance islamiste, spécialiste des explosifs…
A tous ces mystères équivoques, le procès a finalement donné des réponses. Ainsi, si Jandoubi avait plusieurs caleçons sous son pantalon, c’était pour se donner un peu d’épaisseur, parce qu’il se trouvait trop maigre. D’ailleurs, on le surnommait « Squelettor ».
Son comportement agressif, avec le chauffeur Karim Ben Driss ? Le reflet de l’ambiance habituelle de travail, selon d’autres employés de l’usine, qui ont témoigné au procès. Ceux qui chargeaient les camions avec la marchandise (comme Jandoubi le faisait) cultivaient en effet la colère… contre un job monotone, contre un salaire de misère et contre les chauffeurs de camions, qu’ils estimaient mieux traités qu’eux.
L’altercation avec le salarié qui avait décoré son véhicule aux
couleurs des USA ? Juste une rumeur. C’est en effet Ben Driss (toujours
le même témoin) qui rapporte cette scène…Tout en avouant qu’il n’y a
pas assisté lui-même mais qu’on lui en a fait le récit. Trop flou pour
être pris en compte par la Justice.
L’appartenance de Jandoubi à la mouvance islamiste ? Faux, répond l’avocat de la famille du disparu. « Il fumait et il buvait ». Et en plus, il ne faisait pas le Ramadan. Pas vraiment un comportement de religieux fondamentaliste…
Enfin, l’auteur du coup de téléphone anonyme a finalement été identifié : rien à voir AZF. Il s’agissait d’un homme qui voulait se venger de son beau-frère… De même que l’inconnu aperçu a l’usine a également été retrouvé : il venait ici chercher du travail mais avait dû rebrousser chemin, victime d’une gastroentérite.
Le tribunal a donc soigneusement repoussé les éléments qui plaidaient en faveur d’un attentat terroriste. Au grand dam de Total qui réfute l’hypothèse officielle selon laquelle la tragédie a été la conséquence d’un accident chimique, lui-même causé par une série de négligences. Hypothèse qui ferait « raquer » sévère le groupe français. On comprend qu’il ne veuille pas de cette explication.
Sources: AFP, La dépêche du Midi, Le Figaro
Crédit Photo 1: Camille Harang


29 avril 2009AZF: la théorie de l'attentat (2/3)
Une autre théorie, avancée encore plus clairement, c’est celle de l’attentat islamiste. Dans cette optique, un certain Hassan Jandoubi, un intérimaire mort dans la catastrophe, revient souvent dans les débats.
Tout est parti d’une constatation enregistrée par les médecins qui ont examiné le corps de l’employé. Sous ses vêtements, l’homme avait enfilé plusieurs épaisseurs de sous-vêtements. Une particularité que l’on attribue souvent aux islamistes qui se font « sauter » dans des attentats. En mettant plusieurs slips, ils pensent protéger leurs parties intimes de l’explosion avant d’aller rejoindre les vierges qui leur sont promises dans l’au-delà…
Le jour du drame, Jandoubi aurait aussi eu un comportement suspect, c'est-à-dire agressif. C’est ce qu’affirme Karim Ben Driss, empoyé d’AZF, et témoin au procès. Ben Driss conduisait un camion dans lequel Jandoubi devait charger de la marchandise. Mais ce dernier aurait refusé de travailler, restant planté sur place à dévisager Ben Driss.
Le même témoin rapporte une autre scène. La veille, un chauffeur de l’entreprise avait décoré son camion avec des drapeaux américains, en solidarité avec les victimes du World Trade Center. Jandoubi aurait exigé qu’il les retire. Mais devant son refus, il serait alors emporté et aurait crié : « On va tous vous faire exploser et vous massacrer ! ».
Autre élément troublant : à l’enterrement de l’intérimaire, les RG auraient repéré la trace de militants islamistes et certains sous entendent même que l’homme aurait rejoint, peu avant sa mort, un mouvement fondamentaliste afghan.
Ce n’est pas tout. Plusieurs témoins rapportent aussi la présence sur les lieux, le jour de l’explosion, d’un homme d’origine maghrébine, que personne ne connaissait. Celui-ci aurait traversé l’usine sans dire un mot, se serait enfermé dans les toilettes avant d’en ressortir quelques minutes plus tard sans tirer la chasse.
(La suite: vendredi)
Sources: AFP, >La dépêche du Midi, >Le Figaro
Crédits: Photo 1: Sweety Trotter
Photo 2: F2g2


27 avril 2009AZF: la théorie de l'attentat (1/3) - Un missile?
Le procès sur l’explosion de l’usine AZF, qui se tient ces jours-ci à Toulouse, a permis de se pencher sur quelques hypothèses alternatives pour expliquer « l’accident ». On peut même dire que la théorie du complot est omniprésente dans les débats.
Le 21 septembre 2001, une explosion se produisait dans l’usine, tuant 31 personnes et blessant 2000 autres. 10 jours plus tôt, un attentat frappait les Etats-Unis. De là à faire un lien entre les deux…Il n’y a qu’un pas, que certains témoins ou employés d’AZF ont franchi.
Plusieurs dépositions font d’ailleurs état d’un missile, qui aurait été aperçu peu avant la catastrophe. D’autres évoquent un mystérieux hélicoptère. Mais la thèse d’une météorite a également été avancée…avant d’être enterrée.
A ce phénomène visuel s’ajoute un élément auditif. En effet, un grand nombre de Toulousains affirme avoir entendu deux déflagrations au lieu d’une, le 21 septembre. Deux experts au moins prétendent que le premier son ne pourrait venir que d’une « cible mobile se déplaçant à une vitesse supersonique », selon les mots du scientifique Yves Grenier…Un missile, par exemple ?
Cependant, d’autres experts, mandatés par l’instruction, expliquent que les deux bruits ne font qu’un. Le premier correspondrait aux ondes sismiques, provoquées par l’explosion, le deuxième à leurs émissions dans l’air. Le décalage entre les deux serait dû au fait que les ondes se propagent plus vite sous terre qu’au dessus.
Le hic, c’est que le décalage entre les deux sons n’est pas assez long. Du moins, c’est ce qu’affirment les autres experts, ceux qui croient à une intervention extérieure. Aux dernières nouvelles, leur thèse a été écartée. Sans convaincre tout le monde…
(La suite: mercredi)
Source: Charlie Hebdo du 22 avril 2009
Crédit photo: Anton Merlina Bonnafous









